C'est un son,  un mot, une envie. Quelque chose de passager et d'éphémère, une torsion du cœur énigmatique, un sentiment inavoué. Sans but, sans joie, sans rire ni résultat, rien ne s'efface mais rien ne reste. Entre ses bras, le temps m'enlace, d'éternité me modèle pour qu'à jamais, rien de ce qui n'est, rien de ce qui naît, ne puisse effleurer les effluves de mes pensées. Doux bercement, triste idée, sensation euphorique, rien de tout ce que tu ne m'apporte ne me touche plus que cette mélancolie. Rien n'est, rien n'est plus, sur un doux son, une musique oubliée, je veux m'en aller. Entre les vents, remuant ces vies, entre ces flots ininterrompus, inespérée, la magie de l'univers s'écoule et prend fin comme elle commence. Tends-moi les bras comme je touche cette soie qui anoblit l'acte et rend ainsi toute commune chose un oubli de réminiscences.

Rage sans mots, sans sentiments, l'oubli d'un être, une vie qui s'en va, chacune de ces années s'étiole et se meurt, que la fin précipite avant le temps. Doux balancement, libération de cette litanie, la mélopée sans fin et de cet écrin de chair. Un merveilleux espoir, une paisible attente que rien ne trouble, qui se remplit d'écarlate et de vermeil.

 Cyann P.
Le Blogébul de Cyann